Depuis le début de l’année, les révolutions du monde arabe ont illustré à quel point la “révolution Internet”  a désormais un impact sur l’ensemble des sociétés et combien elle influe sur des modes d’actions politiques et sociaux. Comment anticiper et intégrer les nouveaux outils du Net, ses nouvelles fonctionnalités, ses capacités qui se renouvellent continuellement ? Comment être à la pointe des nouvelles technologies de l’Internet et ne plus se contenter de prendre le train en marche en essayant seulement de “s'adapter” à cette révolution ?

Nos écoles d’ingénieurs ont besoin de répondre à ces questions et d’accélérer leur transition vers des “formations 2.0.”. Le Net est trop souvent sous-utilisé et quasiment absent des enseignements dispensés. Les méthodes d’apprentissage et d’évaluation ne prennent pas suffisamment en compte cette gigantesque mine d'informations qu'est le Web. Nos paradigmes d’apprentissage remontant à “l’époque des Lumières”, il n’est donc pas étonnant que les ingénieurs français soient en retard en matière d’innovation. Les écoles d’ingénieurs doivent franchir le pas et s'adapter à la mutation de notre société et de notre économie, afin de mieux pouvoir l’anticiper ensuite.

Le phénomène de résistance au changement est amplifié par l’écart persistant dans l’acquisition et le maniement de ces nouvelles technologies entre les étudiants, les membres de l'administration et les enseignants. Dans une école d’ingénieurs, les étudiants ont des facilités pour le numérique mais n’ont pas leur mot à dire sur leur cursus. Cet état de fait tient autant au manque d'implication de leur part qu'à l'absence de structure de dialogue. L’administration est quant à elle constituée de personnes dont l’expérience est remarquable, mais qui ne sont malheureusement pas toujours aguerries aux nouveaux outils et usages du Web. Le corps enseignant nage entre ces deux eaux : il a la liberté d’interpréter les directives de l’administration, mais sa connaissance des nouvelles technologies est inégale. Force est de constater que les sciences considérées comme plus récentes telles que l’informatique sont celles qui innovent le plus en pédagogie…

Ainsi Le Nouvel Ingénieur, regroupement d’élèves de plusieurs écoles d’ingénieurs dont l'ENPC, l'ENSIIE et l'ENAC, pousse à la création de canaux de communication à deux niveaux : localement, dans chaque école d’ingénieurs, afin que l’émulation ait lieu entre élèves, professeurs et administration, et au plan national, afin de briser les cloisonnements et favoriser la diffusion des idées et des bonnes pratiques. L’objectif est de mettre en place au sein des grandes écoles d’ingénieurs les approches participatives qui font la force du web 2.0 afin d’intégrer tous les acteurs au processus d’évolution des formations et des méthodes pédagogiques.

Clément MARTIN et Thibaut LABARRE Pour Le Nouvel Ingénieur

Vers le blog du Nouvel Ingénieur

Adapter la formation de nos ingénieurs à la mondialisation (Institut Montaigne, février 2011)