L’exemple de Mark Zuckerberg qui a abandonné ses études à Harvard pour fonder Facebook fait des émules. Dans un article paru fin juin - Dropouts look to learn from Zuckerberg - le Financial Times constatait une augmentation du nombre d’étudiants qui interrompent leurs études, avec le soutien des fonds d’investissement, afin de développer leur start-up dans le secteur de l’internet .

Si un jeune à peine majeur a une idée révolutionnaire et qu’il croit suffisamment en celle-ci pour tout abandonner afin de la poursuivre, il faut alors l’encourager dans cette voie et investir. La culture de la prise de risque et de la confiance en l’esprit innovateur et entrepreneurial est ici poussée à paroxysme. Abandonner ses études pour développer son entreprise est ainsi particulièrement bien vu dans la Silicon Valley et les entrepreneurs ayant réussi de cette manière en sont particulièrement fiers.

En décalage avec la culture française, et même européenne, cette approche fondée sur la can do attitude doit nous interpeler et nous amener à nous interroger à l’heure où le système éducatif hexagonal peine à former les étudiants à l’innovation et à l’entrepreneuriat. Ce diagnostic, l’Institut Montaigne l’avait déjà posé dans son étude de février 2011, Adapter la formation de nos ingénieurs à la mondialisation ainsi que dans son rapport paru en juin dernier De la naissance à la croissance : comment développer nos PME.

Une série de chiffres marquants illustre l’ampleur du phénomène. Seuls 5 % des ingénieurs français créeront leur entreprise au cours de leur carrière. Rapporté au nombre d’habitants, il se développe en moyenne trois fois moins de start-up en France qu’aux États-Unis, tandis que deux fois moins de brevets sont déposés auprès de l’Organisation mondiale de la protection intellectuelle.

Le confort des grandes écoles, une certaine aversion au risque ou encore l’existence de freins administratifs, culturels et financiers dans le processus de mise en œuvre d’idées sont autant de facteurs expliquant la frilosité de nos ingénieurs face à l’entrepreneuriat.

C’est pourquoi l’Institut Montaigne propose notamment de créer des ateliers incubateurs de créativité dans chaque école ou pour chaque regroupement d’écoles. Ouverts 24 heures sur 24 et 365 jours par an, ces espaces offriraient aux étudiants les ressources et les conseils nécessaires pour concrétiser et développer leurs projets.

Le rapport De la naissance à la croissance : comment développer nos PME encourage également le développement de filières "innovation et entrepreneuriat" au sein des cursus universitaires. En initiant très concrètement les étudiants à l’entrepreneuriat, ils aborderaient les questions de valorisation de l’innovation, de protection intellectuelle et de levée de fonds.

La culture de l’entrepreneuriat est sous-valorisée en France, et ce, à tous les niveaux de l’éducation. L’implication de la jeunesse dans le processus de création d’entreprise est un facteur décisif de réussite, comme en attestent les grands succès mondiaux précités dans le domaine des nouvelles technologies.