La loi du 16 janvier 2015 a réduit de 22 à 13 le nombre de régions. Quels résultats en étaient attendus ?

Deux objectifs ont présidé à l’élaboration du nouveau découpage régional : la création de grandes régions, plus adaptées à l’échelle européenne, et la réalisation d’économies d’échelle, par la fusion et la mutualisation de certains services.


Un an après son entrée en vigueur, quelles avancées observe-t-on ? Des régions ont-elles, plus que d’autres, su tirer profit de cette réforme ?


Le premier bilan est très lié aux choix géographiques et politiques qui ont été faits pour cette réforme. Certaines régions, comme les Hauts de France, Auvergne-Rhône-Alpes ou l’Occitanie ont su trouver la bonne dimension. La cohérence des entités regroupées doit permettre  d’effectuer les synergies et les mutualisations attendues par la réforme. Pour ces régions, où les décisions politiques ont rejoint de véritables caractéristiques régionales, le développement va dans le sens d’une plus grande cohérence. Une région comme l’Auvergne, qui était très isolée, est désormais intégrée dans un espace économique et géographique beaucoup plus cohérent.

Au contraire, des régions comme le Grand Est ou l’Aquitaine, dont le découpage est beaucoup plus artificiel, peinent à la fois à trouver une identité et à effectuer les fusions attendues. D’autres ensembles auraient pu être intégrés, comme la Bretagne et les Pays de Loire.

Ces disparités illustrent les limites d’un processus davantage politique et discrétionnaire que fondé  sur les réalités économiques.


Qu’attendre de la campagne présidentielle et du futur quinquennat sur cette question ? La réforme territoriale entamée en 2014 est-elle susceptible d’être poursuivie ?

La réforme territoriale amorcée en 2014 est une étape sur laquelle on ne pourra revenir que partiellement. On peut, par exemple, s’interroger sur l’évolution future de régions qui sont restées de petite dimension, et la possibilité d’évoluer à terme vers une demi-douzaine de grandes régions.

A plus court terme, on peut aussi s’interroger sur l’articulation des deux mouvements que sont le renforcement des régions, d’une part, et le développement  des  métropoles, d’autre part. La constitution de grandes entités métropolitaines risque de provoquer une amplification du phénomène de désertification, difficile à corriger au niveau de grandes régions. La place et le rôle des départements apparaissent, dès lors, très différents selon la nature des territoires qu’ils auront à couvrir. Et tout cela nous éloigne de la nécessaire simplification de nos structures territoriales.

L’Ile de France est un sujet emblématique de ce point de vue : il est impensable de conserver cinq échelons territoriaux sur 2 % du territoire national seulement. La Région doit-elle absorber la métropole pour constituer un espace beaucoup plus cohérent quant à l’habitat, l’emploi, les transports et autres équipements structurants ? La question s’imposera bientôt.


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