Une grande tendance, discrète les années précédentes, s’est dégagée : la place croissante de l’automobile dans ce salon pourtant habituellement réservé à l’électronique grand public. Dès lors, que retenir de cet événement pour le secteur automobile ?

L’automobile au centre du CES 2017

Pour certains, CES signifie désormais Car Electronics Show : les constructeurs automobiles sont désormais tous au rendez-vous, aussi bien les “anciens” (Toyota, BMW, Audi) que les nouveaux entrants (Faraday Future). Les entreprises françaises ont elles aussi fait le déplacement, Navya et Valeo en tête.



Mais les constructeurs et équipementiers ne sont pas les seuls à prendre part à cette dynamique : les entreprises de la “tech”, comme Nvidia ou Intel, profitent du salon pour mettre en avant leurs travaux dans le domaine. Voiture et nouvelles technologies ne font plus qu’un.

La voiture autonome, omniprésente, et prometteuse, a encore des obstacles devant elle

Si les effets d’annonce sont nombreux, chaque participant prévoyant un véhicule autonome sur les routes dans un horizon proche, aux environs de 2020, les spécialistes sont plus dubitatifs. Le virage électrique est engagé, en témoigne la quasi-absence des véhicules thermiques (à combustion) lors du CES. Néanmoins, les usagers comme les constructeurs ne sont pas prêts à faire le “grand saut” : l’inquiétude qui entoure une perte de maîtrise du véhicule, en cas de matériel défectueux, de piratage ou d’événement inattendu sur la route, semble être un frein majeur au développement des véhicules autonomes. Les passagers sont réticents à laisser le contrôle à la machine ; les constructeurs ne sont pas prêts à mettre leur marque en danger en cas de dysfonctionnement.

La législation, clé de l’avenir automobile

Les technologies présentées lors du salon semblent pourtant extrêmement poussées, et la confiance des constructeurs témoigne des progrès réalisés ces dernières années. Reste une variable majeure : la réglementation, qui décidera à elle seule de la voie que prendra l’automobile de demain. Les expérimentations en conditions réelles - comme dans le Michigan ou en Floride, terres d’accueil de ces véhicules sans chauffeur - permettront d’avancer sur le court et le moyen terme, mais devront impérativement être encouragées à plus grande échelle pour permettre une transition vers plus d’autonomie. En septembre 2016, le département des Transports américain a publié 15 guidelines pour encadrer le développement des véhicules semi-autonomes et autonomes. Le gouvernement français a quant à lui adopté une ordonnance le 3 août 2016, visant à faciliter l’expérimentation de “véhicules à délégation de conduite sur les voies publiques”.

Ces quelques exemples de prise de position des pouvoirs publics confirment ainsi à la fois le potentiel d’une telle technologie - sécurité, écomobilité, gains d’espace et de temps - mais aussi les incertitudes qui l’entourent - risques de piratage, complexité de la transition entre véhicules “classiques” et véhicules “nouvelle génération”,enjeux de responsabilité et d’éthique. Seule une transition rapide pourrait permettre de montrer le véhicule autonome sous son meilleur jour : une étude récente estime qu’il faudra qu’il représente de 50 à 75 % du trafic routier pour en optimiser les bénéfices.