Après le constat d’échec, le diagnostic

La convention d’assurance-chômage est négociée tous les deux ans par les partenaires sociaux, puis agréée par l’État. À l’heure actuelle, la convention d’assurance-chômage en vigueur est celle qui avait été agréée en 2014. Elle a été prorogée par décret suite à l’échec en juin dernier des négociations qui auraient dû aboutir à une nouvelle convention. Les partenaires sociaux ont alors pris acte de cet échec qui, sans être inédit dans l’histoire de l’assurance-chômage, en constitue tout de même une étape significative : le seul précédent d’une telle intervention de l’État remonte à 1982…

Certes, le contexte politique et social généré par les discussions sur la loi Travail ne permettait pas un dialogue apaisé entre les syndicats et le patronat. En 2017, les partenaires sociaux ont donc décidé de reprendre le dialogue afin d’établir un diagnostic de la situation concernant ce champ particulier de la gestion paritaire. Cette mobilisation témoigne de la volonté des partenaires sociaux de reprendre la main sur le dossier à quelques mois de l’élection présidentielle.

Des partenaires sociaux sous pression

On peut saluer cette initiative des partenaires sociaux, qui ont décidé de renouer le dialogue face à l’urgence de la situation. En effet, deux éléments de contexte rendent la reprise des négociations absolument décisive pour juger de la responsabilité des partenaires sociaux :

  • le déficit de l’assurance-chômage “s’élèverait à 3,8 milliards d’euros pour 2017 ; la dette atteindrait donc 33,8 milliards d’euros fin 2017, selon l’Unédic. Cette situation financière périlleuse appelle une résolution volontaire des partenaires sociaux qui en assurent la gestion, d’une part ;
  • le taux de chômage avoisine encore les 10%, malgré les récentes améliorations, ce qui pousse les candidats à la présidence à s’emparer de la question et à formuler des propositions dans ce sens, remettant parfois en question la gestion paritaire de l’assurance-chômage, d’autre part.

L’initiative des partenaires sociaux ne suffira évidemment pas à résoudre la question du chômage en France dans les deux prochaines années. Cependant, leur mobilisation face à l’urgence de la situation, quelles qu’en soient leurs motivations, fait figure de bonne nouvelle pour la lutte contre le chômage. Il ne reste plus qu’à espérer que les négociations qu’ils conduiront apporteront des réponses concrètes à ce fléau économique et social.

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