Rappelons qu’au 1er janvier 2017, la revalorisation du SMIC a été de 0,93 %. Depuis 2013, le SMIC est calculé à partir de l’inflation, mais également du gain de pouvoir d’achat moyen des employés et ouvriers. Notre pays compte près de 1,7 million de salariés payés au salaire minimum et il est interdit pour tout employeur de rémunérer un salarié pour un montant inférieur au SMIC.

Les économistes Pierre Cahuc et Stéphane Carcillo, auteurs de l’étude Alléger le coût du travail pour augmenter l’emploi : les clés de la réussite, publiée en avril 2014, démontrent que la baisse du coût du travail des bas salaires a un impact fort et rapide sur l’emploi. En France, l’emploi est en effet très sensible au coût du travail s’agissant des faibles niveaux de qualification et des bas salaires. Ainsi, l’introduction d’un salaire minimum peut avoir pour effet d’augmenter le chômage. Lorsque le salaire minimum est supérieur au salaire d’équilibre sur un marché, les entreprises peuvent alors prendre la décision de ne pas embaucher un nouveau salarié.

Toutefois, l’introduction d’un salaire minimum, ou son augmentation, ont également pour effet d’augmenter le pouvoir d’achat des salariés, et donc d’influer positivement sur la consommation et la croissance. Cet argent dépensé par les consommateurs viendra alors augmenter les profits des entreprises, ce qui leur permettra en retour de réaliser des embauches.

Que font nos partenaires ?

Ces dernières années, de nombreux pays ont pris la décision d’augmenter le montant du salaire minimum obligatoire. Ainsi, au 1er janvier 2017, le Portugal a augmenté de 5 % le montant de son salaire minimum, à 650 € bruts par mois. La mesure prise par le Premier ministre socialiste, Antonio Costa, s’inscrit pleinement dans le cadre d’une politique visant à mettre un terme aux mesures d’austérité et à doper la croissance en soutenant le revenu des ménages.

Le gouvernement espagnol a quant à lui annoncé en décembre dernier une augmentation de 8 % du salaire minimum, soit la plus forte revalorisation depuis 1986. Malgré cela, le salaire minimum espagnol demeure l’un des plus bas d’Europe, à 825,55 € bruts mensuels.

Au premier semestre 2016, le Royaume-Uni a augmenté le salaire minimum horaire, passant de 6,70 à 7,20£ - soit un équivalent brut mensuel de 1 396€. Cette mesure ne concerne néanmoins que les salariés de plus de 25 ans, le gouvernement britannique ayant souhaité conserver un salaire minimum plus faible pour les jeunes afin de faciliter leur entrée sur le marché du travail. George Osborne, ministre des finances à cette époque, a fixé l’objectif d’un salaire minimum à 9,40£ à l’horizon 2020.

En Allemagne, le salaire minimum légal n’a été institué qu’en 2015. Il s’élève aujourd’hui à 1 498 € bruts mensuels. Traditionnellement, le système social allemand préfère déléguer aux partenaires sociaux la liberté de fixer le salaire minimum applicable, secteur par secteur. Les premières études ont montré que la création d’un salaire minimum n’avait entraîné aucune hausse du chômage.

Enfin, outre-Atlantique, les gouverneurs des États de New-York et de Californie ont eux aussi augmenté le salaire minimum applicable dans leur juridiction. Les deux États ont pour objectif de porter progressivement le salaire minimum horaire, de 9 $ où il se situe actuellement à près de 15 $ en 2022. Un salaire minimum existe aux États-Unis depuis 1938, néanmoins chaque État peut fixer un montant différent du montant fixé par le gouvernement fédéral.


Pour aller plus loin :

Présidentielle 2017 : le grand décryptage

[Vu d’ailleurs] Retraites : un débat vieux comme le monde ?