L’avenir de la Politique Agricole Commune (PAC)

Pilier des politiques communes de l’Union européenne, la PAC détermine aujourd’hui les grandes orientations de notre politique agricole. Maintes fois réformée, les candidats proposent tous de repenser son fonctionnement.

Pour François Fillon, le budget de la Politique Agricole Commune doit être “maintenu à l’euro près”. Le prochain ministre de l’agriculture devra faire de la PAC une priorité, et lui donner un nouveau souffle dans le cadre d’une “PAC 2020”, bâtie sur la gestion des risques et sur le soutien à l’investissement. Emmanuel Macron, quant à lui, propose un mécanisme également dédié à une meilleure gestion du risque, par la mise en place d’un “système de subventions contracycliques de garantie sur les prix ou le chiffre d’affaires”.

Jean-Luc Mélenchon plaide pour une refonte de la PAC, tandis que Benoît Hamon propose la labellisation, au niveau européen, des pesticides, afin de conditionner l’octroi de subventions au respect d’exigences en la matière. Il propose également d’entamer des négociations pour qu’une partie de la PAC soit consacrée au financement de l’agroécologie. Poursuivant cette idée, Yannick Jadot, qui vient de se rallier au candidat socialiste,  proposait d’affecter 50 % des fonds de la PAC au financement de la reconversion des exploitations et à la structuration des filières.

Pour Marine Le Pen, enfin, l’Europe ne doit plus avoir la mainmise sur notre politique agricole. Elle propose ainsi de faire de la PAC une “Politique Agricole Française”, avec des subventions attribuées non plus au niveau européen mais au niveau français pour “sauver et soutenir le modèle français des exploitations familiales”.

Le statut des agriculteurs et des entreprises agricoles

L’allègement et la simplification des normes qui pèsent sur les agriculteurs sont des éléments récurrents, sur lesquels François Fillon, Marine Le Pen et Emmanuel Macron se sont prononcés. De nouveaux mécanismes sont également proposés par les candidats.

Allègement des charges sur les entreprises agricoles, éligibilité des exploitations agricoles au crédit impôt recherche (CIR), création d’un “compte épargne aléas climatiques et économiques” ou encore mise en place d’un crédit d’impôt “circuits directs agricoles” sans intérêts, ni garantie : François Fillon souhaite “libérer” les agriculteurs, simplifier leurs démarches et leur accorder davantage de souplesse pour se regrouper en organisations de taille significative.

Benoît Hamon cible quant à lui les 40 % d’agriculteurs qui devraient partir à la retraite à horizon 2020. Afin de faciliter la recherche de repreneurs pour leurs exploitations, et d’orienter ceux ci vers des modèles durables, le candidat propose de modifier les critères d’examen de dossier de reprise d’exploitation pour soutenir les projets d’agriculture biologique ou agroécologique.  

Emmanuel Macron propose de son côté d’encourager le regroupement des agriculteurs en association d’organisations de producteurs, compétentes pour négocier des contrats-cadres sur les volumes et le prix du lait.

Quant à Jean-Luc Mélenchon, il souhaite créer 300 000 emplois agricoles, soutenir l’établissement de coopératives de consommation reliées  directement aux producteurs ou encore engager une “réforme agraire” pour faciliter l’installation des jeunes agriculteurs.

L’écologie et l’agriculture biologique

Dernière thématique plébiscitée par les candidats, la transition de notre agriculture vers un modèle biologique et durable.

Benoît Hamon propose ainsi de consacrer 5 Md€ à un programme d’investissements agricoles qui financerait notamment l’agroécologie, les circuits-courts et les coopératives. Il pourrait également soutenir les jeunes agriculteurs lors de leur installation et financer la reconversion des exploitations agricoles en fermes biologiques ou agroécologiques. L’interdiction de certains pesticides et des perturbateurs endocriniens est également avancée par le candidat.

Même ordre de grandeur pour Emmanuel Macron, qui propose de consacrer 5 Md€ à l'accompagnement des transitions agricoles. 200 M€ seront par ailleurs attribués aux exploitants qui “rendent des services à l'environnement”.

Jean-Luc Mélenchon
propose quant à lui l'interdiction des OGM et de certains pesticides, la généralisation des fermes pédagogiques pour sensibiliser les enfants à l’écologie et l’instauration d’un objectif “100 % biologique local” pour la restauration collective. Une proposition qui figure également dans le projet de “plateforme présidentielle”  élaboré par Yannick Jadot et Benoît Hamon.

Pour Marine Le Pen, cette politique passera par la fin du modèle des fermes-usines, du type “ferme des 1000 vaches”, une proposition partagée par Jean-Luc Mélenchon.

Pour aller plus loin :

Analyse et chiffrage des propositions de candidats en matière de climat, d'environnement et d'agriculture

Présidentielle 2017 : le grand décryptage