1. Un revenu universel d’existence en trompe l’œil

Mesure phare du programme de Benoît Hamon, l’instauration d’un revenu universel d’existence (RUE) a été sujette à de nombreux changements durant la campagne. Benoît Hamon a largement circonscrit le périmètre du dispositif, qui devait au départ être inconditionnel et d’un montant de 750 € mensuel. Nous avions évalué son coût initial  à 349 Md€ par an à terme.


Désormais, le revenu universel d’existence n’a plus d’universel que le nom. Il  concernera ainsi :

  • les bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA) qui obtiendront une majoration du RSA à 600€ ;
  • les personnes en emploi (y compris les jeunes de 18 à 25 ans), qui disposeront d’un revenu universel démarrant à 600 €, dégressif jusqu’à 1,9 Smic ;
  • les jeunes de 18 à 25 ans, qui auront droit à une ouverture du RSA ou à une allocation de 600€ qui serait également versée aux étudiants à condition qu’ils ne soient plus rattachés au foyer fiscal des parents.

Cette nouvelle version du revenu universel d’existence aura ainsi un coût dix fois inférieur à la première version proposée, soit 39 Md€ par an.

2. Un programme énergétique marqué par la sortie du nucléaire

Benoît Hamon propose de mettre progressivement un terme à la production d’électricité à partir de centrales nucléaires. Rappelons qu’en 2012, le Parti Socialiste proposait la réduction de la part du nucléaire à 50 % du mix énergétique d’ici 2025 et que cet objectif a été consacré par la loi de transition énergétique pour une croissance verte en août 2015.

Non chiffrée par le candidat socialiste, cette proposition représenterait un coût  de 10,1 Md€ par an sur toute la durée du quinquennat, la sortie complète du nucléaire de la France étant prévue à horizon 2035. Les coûts directs engendrés dépendront très largement du calendrier de fermeture des centrales et du mix de substitution visé. Les coûts indirects seront quant à eux liés à la perte de compétitivité des entreprises et à la perte d’image de la filière nucléaire. Le coût environnemental ne doit pas non plus être négligé. En effet, l’abandon de l’atome signifierait nécessairement le retour à des moyens de production alternatifs et potentiellement d’origine fossile afin de compenser l’intermittence des énergies renouvelables. Or, le nucléaire permet actuellement à la France d’avoir un mix largement décarboné et constitue ainsi un atout pour le respect des engagements pris lors de l’Accord de Paris. Enfin, l’abandon de capacités de production d’électricité en base fait peser un risque non négligeable sur la sécurité d’approvisionnement énergétique du pays.

3. Une réforme en profondeur des institutions

Tout comme Jean-Luc Mélenchon, Benoît Hamon propose l’instauration d’une VIe République. Leurs deux conceptions de celle-ci diffèrent néanmoins. Le candidat socialiste souhaite un mandat présidentiel unique de 7 ans et la suppression de l’article 16 de la Constitution, par le biais d’un référendum dès le second tour des élections législatives de 2017. Le candidat de la France insoumise souhaite quant à lui convoquer une Assemblée constituante pour “abolir la monarchie présidentielle”.

Parmi les propositions institutionnelles phares du candidat socialiste, on retrouve le droit de vote aux élections locales des étrangers extra-communautaires, proposition qui concernerait 1,84 million d’individus. Benoît Hamon propose par ailleurs de supprimer l’immunité parlementaire, d’introduire la proportionnelle dans les élections législatives, de réserver l’usage de l'article 49-3 de la Constitution aux seuls projets de loi de finances et de financement de la Sécurité sociale et de limiter le cumul des mandats dans le temps à trois mandats, une mesure aussi présente dans le programme d’Emmanuel Macron. Toutes ces mesures s’inscrivent dans une volonté affichée de moraliser la vie politique.

4. Un accent porté sur l’éducation

L’éducation occupe une part importante dans le programme du candidat socialiste. Il propose ainsi de mettre en œuvre le plan de formation continue des enseignants et d’accélérer le mouvement de revalorisation salariale et des parcours de carrière.


Chaque enseignant bénéficiera ainsi, selon son ancienneté et ses besoins, de trois à dix jours de formation prenant en compte le numérique, la différenciation pédagogique etc. Les coûts supplémentaires seront surtout générés par la nécessité d’avoir des formateurs qualifiés et par le besoin en personnel de remplacement pour les enseignants en formation. L’objectif de Benoît Hamon est de “valoriser le travail des enseignants, tout en leur garantissant les moyens de leurs ambitions pédagogiques”.

Enfin, Benoît Hamon veut accélérer le mouvement de revalorisation salariale et des parcours de carrière. Telle qu’elle est présentée, cette proposition ne devrait pas induire de dépenses supplémentaires autres que celles déjà planifiées par le plan national dit des parcours professionnels, carrières et rémunérations, PPCR (1 Md€ d’ici 2020).

Pour aller plus loin :

Présidentielle 2017 : le grand décryptage - Benoît Hamon

Les quatre points à retenir du programme de François Fillon

Les cinq points à retenir du programme de Marine Le Pen

Les quatre points à retenir du programme d’Emmanuel Macron

Les quatre points à retenir du programme de Jean-Luc Mélenchon