Pourtant, c’est bien un calendrier millimétré que propose le nouveau chef de l’État pour ses trois premiers mois à la présidence de la République, qui seront également scandés par l’annonce de l’identité du Premier ministre, la nomination d’un premier gouvernement et les élections législatives des 11 et 18 juin prochains.

Moralisation de la vie politique, réforme du droit du travail, renforcement de la sécurité, etc. Retour sur les principales mesures qu’il prévoit d’adopter dès le mois de mai.

Moraliser la vie politique (dès le mois de mai)

Le nouveau président de la République souhaite faire de la moralisation de la vie politique l’une des priorités de son quinquennat, après une campagne présidentielle marquée par les affaires. Un projet de loi de moralisation de la vie publique sera ainsi présenté au Conseil des ministres dès le mois de mai, avant la tenue des législatives. Parmi les mesures figurant dans le programme du candidat sur ce thème : donner une orientation favorable à la proportionnelle ; interdire aux parlementaires d’exercer des activités de conseil parallèlement à leur mandat ; réduire d'un tiers le nombre de parlementaires ou encore rendre inéligibles tous les détenteurs d’un casier judiciaire de niveau B2. Rappelons que François Bayrou avait fait de l’adoption de ces mesures la condition de son ralliement au candidat d’En Marche !

Réformer le droit du travail (lancée avant l’été)

Autre priorité du quinquennat : la réforme du droit du travail. Elle sera, selon le futur chef de l’État, entamée dès le printemps. Rapide, elle le sera d’autant plus qu’Emmanuel Macron a annoncé qu’il procéderait par ordonnances, sans débats parlementaires, comme le lui permet l’article 38 de la Constitution. Simplification du droit du travail par la réduction du Code aux principes fondamentaux, priorité aux accords d'entreprise pour fixer la durée du travail - la durée légale des 35 heures est maintenue, avec possibilité de dérogation par entreprises ou par accord de branches -, encadrement des indemnités prud'homales en cas de licenciement, etc. Autant de mesures qui relèvent du domaine de la loi, mais que le futur président pourra mettre en œuvre dès l’été, après habilitation par le Parlement.

Réaliser un audit de nos finances publiques (dès le mois de mai)

L’assainissement des finances publiques et la réduction de la dépense figurent également parmi les axes directeurs du quinquennat qui s’ouvre. Emmanuel Macron a ainsi annoncé qu’il lancerait dès le mois de mai un audit des finances publiques françaises, afin de bénéficier d’une vision complète de la gestion en cours. Les résultats de cet audit sont attendus pour la mi-juin et serviront de base à l'élaboration de la prochaine loi de finances. Le nouveau président a cependant écarté la possibilité d’adopter une loi de finances rectificatives cette année. Il n’y aura “ni cadeau ni augmentation d’impôts”, avait annoncé le candidat pendant sa campagne.

Renforcer la sécurité en créant une task force directement rattachée à l’Élysée (dès l’été)

Principale préoccupation des Français avec la résorption du chômage, la sécurité est elle aussi au cœur de l’agenda présidentiel. Emmanuel Macron a ainsi proposé de créer une “task force” en charge de la lutte contre le terrorisme, mise en place dès l’été. Placée directement sous l’autorité du président de la République, elle sera “capable d’agir 24 heures sur 24 contre Daesh”. Cette task force sera le fruit d’une coordination renforcée entre les différents services de renseignement. Les contours de cette entité n’ont pas été précisés à ce stade.

Diviser par deux les effectifs dans les classes (dès la rentrée de septembre)

Enfin, dans une perspective moins immédiate, Emmanuel Macron a annoncé vouloir mettre en place dès la rentrée 2017 ses mesures pour l’école primaire. Il propose ainsi de réduire par deux les effectifs dans les classes de CP et de CE1 pour les écoles REP + (établissements “très prioritaires”). Parmi ses autres mesures pour l’éducation, le futur président de la République a annoncé vouloir adopté un arrêté rétablissant les classes bilangues dès l’été 2017 et un décret permettant aux communes qui le souhaitent de revenir sur la réforme des rythmes scolaires.

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