La Commission y rappelle que la création de la monnaie unique est une réussite sans précédent, constituant le cœur du projet européen et représentant des décennies de coopération politique et économique entre les États membres. Cependant, la crise de la zone euro a remis en question la viabilité des politiques économiques européennes et a considérablement fragilisé la confiance des citoyens envers les institutions de l’Union. Afin de résorber ces doutes et de renforcer la zone euro, la Commission propose trois grands axes de travail basés sur les postulats suivants :

  • l’accomplissement de l’union financière est une priorité conditionnée par l’achèvement de l’union bancaire et de l’union des marchés des capitaux ;
  • parvenir à une union économique et budgétaire plus intégrée permettra de renforcer la coordination des politiques économiques ;
  • la nécessité d’une gouvernance démocratique et le renforcement des institutions de la zone euro passe par le partage de davantage de compétences des États membres au niveau européen.

Ces principes directeurs convergent avec les propositions énoncées par l’Institut Montaigne dans son rapport L’Europe dont nous avons besoin, dont le premier chapitre est entièrement consacré à la priorité d’achever l’UEM. Nous proposons notamment de renforcer la zone euro selon les axes d’action suivants :

  • intégrer dans le droit national de chaque État membre les règles budgétaires de la zone euro ;
  • définir clairement une politique économique et budgétaire globale de la zone euro, endossées par les chefs d’État et de gouvernement ;
  • instaurer progressivement un gouvernement économique de la zone euro permettant d’animer une mise en œuvre coopérative des politiques économiques ;
  • conduire l’union bancaire à son terme et poursuivre l’intégration financière des économies de la zone, permettant ensuite d’engager une harmonisation fiscale et sociale a minima.

Les propositions de la Commission rejoignent ainsi fortement celles de l’Institut Montaigne. La conviction de notre rapport est que la mise en œuvre de ces propositions ne pourra être possible sans une volonté politique forte et partagée par les différents chefs d’État et de gouvernement de la zone euro. Dans cette logique, le rétablissement d’un lien de confiance entre Paris et Berlin, tel qu’il semble se dessiner actuellement, nous semble être une condition sine qua non à toute entreprise de renforcement et d’approfondissement de la zone euro.

Par Julia Fransès et Morgan Guérin