Les ordonnances dont le contenu a été présenté le jeudi 31 août par le Premier ministre et la ministre du Travail s’inscrivent dans une démarche de transformation structurelle. Elles visent à donner plus de flexibilité et plus de souplesses aux entreprises afin de restaurer leur confiance et leur donner à nouveau l'envie d'investir et d'embaucher en France. Les mesures, essentiellement techniques et opérationnelles, n’auront pas un impact direct et immédiat sur le chômage.

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Le premier volet de la transformation de notre marché du travail a donc concerné la modification du Code du travail, quelques mois seulement après l’arrivée au pouvoir du nouvel exécutif. Qu’on approuve ou non leur contenu, on peut saluer l’initiative ambitieuse du gouvernement qui a su agir rapidement par le moyen des ordonnances. Le débat politique a eu lieu lors de la campagne électorale, le débat technique lors de la concertation avec les partenaires sociaux.

Chaque ordonnance fera maintenant l’objet d’un projet de loi de ratification soumis au Parlement dans le courant du mois d’octobre. Dès lors que le gouvernement en a rendu public le contenu élaboré après trois mois de concertation avec les organisations syndicales et patronales, les textes n’évolueront plus, ou seulement à la marge. C’est dans ce contexte législatif que s’inscriront les deux manifestations d’opposition à ces mesures, organisées par la CGT le 12 septembre, d’une part, et par La France Insoumise le 23 septembre, d’autre part.

… pour préparer la réforme de la formation professionnelle

Les réformes qui introduisent plus de flexibilité sur le marché du travail ne constituent qu’un aspect d’une réforme structurelle du marché du travail. Il est aujourd’hui nécessaire de donner aux individus des contreparties concrètes de cette fluidification de l’emploi. Il s’agit d’une mesure indispensable sur le plan économique pour que les individus puissent augmenter leur employabilité tout au long de leur parcours professionnel. Elle l’est également sur le plan politique pour que soient acceptées les réformes visant à flexibiliser le marché du travail.

Les ordonnances seront définitivement adoptées en même temps que les réformes de la formation professionnelle seront engagées. Elles devront s’accompagner d’un plan d’investissements de près de 15 milliards d’euros. C’est désormais un nouveau chapitre de la réforme du marché du travail qui s’ouvre. Il concernera notamment la sécurisation des parcours professionnels, c’est à dire la formation continue tout au long de la vie et l’ouverture du régime d’assurance-chômage à toutes les catégories d’actifs. Il faut dès à présent engager un dialogue avec les parties prenantes de cette réforme pour comprendre les enjeux d’un tel chantier dans leur complexité.

Concilier mobilité et sécurité

C’est toute l’ambition des Entretiens de la Cohésion sociale, que l’Institut Montaigne organise pour la sixième année consécutive en partenariat avec August Debouzy et Entreprise&Personnel. L’édition 2017, qui se tiendra le 12 septembre à la Maison de la Chimie, sera consacrée à ce nouveau chapitre de la réforme, sur le thème “parcours professionnels ou parcours du combattant : comment concilier mobilité et sécurité ?”. Elle visera à engager un dialogue sur l’appropriation des nouveaux outils par les acteurs du terrain, au premier rang desquels les individus et les entreprises. Hasard du calendrier, ils se tiendront en même temps que la première manifestation d’opposition à la réforme du Code du Travail...